mardi 8 septembre 2026

Cinq décennies de difficile production des territoires urbains

La question de la production des territoires urbains au Gabon ne date pas d’aujourd’hui. L’organisation des communes s’est réalisée progressivement depuis la fin de la période coloniale. A cette époque Libreville, comme Port-Gentil, était une commune de plein exercice, c’est-à-dire disposant d’un conseil municipal et d’un maire élu. Auréolée par le boom pétrolier, la capitale gabonaise, dans sa dynamique de croissance, déborde rapidement son site initial pour conquérir les espaces ruraux environnants. Les politiques d´aménagement urbain menées, dans un contexte de croissance démographique difficile à maîtriser, n’ont pas donné au tissu urbain la cohésion socio-spatiale qui lui est nécessaire. 

De la commune mixte à l’agglomération de Libreville

2Dans l’année 1950, la « commune mixte » de Libreville, comme plusieurs villes d’origine coloniale d’Afrique noire, avait développé une organisation spatiale de type bipolaire avec, d’un côté, les quartiers du gouvernement et de l’administration où on trouvait des bâtiments administratifs, des villas et un ordonnancement des rues en trames orthogonales et, de l’autre, les quartiers et groupes de quartiers africains (tableau 1) administrés par un chef de groupe qui servait de relais entre l’administration coloniale et les populations locales. 

Tableau 1. Les groupes de quartiers de Libreville dans les années 1950.

Tableau 1. Les groupes de quartiers de Libreville dans les années 1950.

Sources : Gilles Sautter, 1951

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