mardi 8 septembre 2026

Baie des rois






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Balneaire

 


Noir

 


Les immeubles


 

Tour

 





LE MUSEE

 


Architecture Fang

 


Building H


Maison contemporaine de l’Estuaire — « Estuaire 2050 »

Cette maison représente une architecture tropicale contemporaine haut de gamme, pensée pour conserver certains principes fondamentaux de l’habitat de l’Estuaire tout en les traduisant dans un langage architectural du XXIᵉ siècle.

Son élément le plus spectaculaire est la grande toiture à faible pente avec des débords très profonds. Elle forme une immense protection climatique au-dessus des terrasses et des baies vitrées, réduisant l’exposition directe au soleil et protégeant les espaces de vie des pluies équatoriales.

Maison traditionnelle Omyènè de l’Estuaire

Cette proposition présente une réinterprétation architecturale de la maison traditionnelle Omyènè, adaptée au climat chaud, humide et fortement pluvieux de l’Estuaire.

La maison est basse, rectangulaire et largement ouverte sur son environnement. Une grande toiture à quatre pans fortement débordante protège les façades du soleil et des pluies. La véranda périphérique, soutenue par des poteaux en bois, constitue l’élément majeur du design : elle sert d’espace de repos, de réception et de transition entre la maison et la cour.

Le langage architectural privilégie les matériaux naturels

Types et familles de maisons que l’on peut rencontrer au Gabon



  1. Maison traditionnelle en matériaux végétaux — formes anciennes utilisant bois, écorces, fibres, feuilles ou autres ressources disponibles localement.

  2. Maison en terre — murs réalisés avec de la terre selon différentes techniques locales, particulièrement intéressante pour l’histoire de l’habitat rural.

  3. Maison en brique de terre — briques moulées, séchées ou parfois cuites selon les techniques et les régions.

Catalogue des Maisons du Gabon


Vers une identité architecturale des neuf provinces

1. Maison de l’Estuaire — La maison côtière urbaine tropicale.
Elle pourrait développer une identité liée au littoral, à l'humidité, à Libreville et aux traditions côtières : maison ventilée, grandes ouvertures protégées, véranda, brise-soleil, toiture généreuse et végétation. Le bois pourrait dialoguer avec une architecture plus contemporaine. L'Estuaire est aussi l'espace le plus urbanisé de cette classification : il faut donc distinguer patrimoine vernaculaire et évolution métropolitaine.



2. Maison du Haut-Ogooué — La maison des Plateaux.
Je proposerais une architecture plus minérale et terrienne : volumes simples, grandes toitures, murs aux tons ocre/terre, pierre et brique comme langage contemporain, avec cour familiale et véranda. Cette identité devra être documentée notamment autour de Franceville, Moanda, Okondja et des Plateaux.

Ville du Sud

 


Ndendé : une identité architecturale bien présente

Les habitations traditionnelles de la Ngounié présentent plusieurs caractéristiques reconnaissables. Les maisons sont généralement basses, avec des toitures à deux pentes, parfois trois, adaptées aux fortes pluies de la région. Les habitations populaires utilisent des matériaux relativement simples, tandis que les familles disposant de davantage de moyens ont historiquement recours à la terre cuite, à la brique ou à une maçonnerie plus élaborée.

L’architecture tropicale au service du climat


Cette maison présente une architecture populaire gabonaise adaptée au climat tropical humide. De plain-pied et de forme rectangulaire, elle possède une grande toiture inclinée à plusieurs pans en tôle ondulée, facilitant l’évacuation des fortes pluies. Les débords protègent les façades du soleil et de l’eau.

Design et architecture de ces maisons de la Ngounié

 


Ces habitations présentent une architecture résidentielle tropicale simple et fonctionnelle, caractéristique d’un habitat construit en réponse au climat pluvieux. La première maison, à gauche, possède une toiture à plusieurs pans, relativement basse et débordante. Cette forme facilite l’évacuation des pluies et protège davantage les façades. Son plan est allongé, de plain-pied, avec une succession régulière d’ouvertures. Les murs sont maçonnés puis enduits, donnant une finition plus homogène.

Style : architecture tropicale néo-vernaculaire de la Ngounié

 


Ces maisons présentent une architecture tropicale contemporaine inspirée de l’habitat traditionnel gabonais. Elles conservent une silhouette basse et horizontale, tout en apportant des matériaux et des finitions beaucoup plus modernes.

Les grandes toitures inclinées à deux et quatre pans constituent l’élément architectural dominant. Leurs pentes et leurs larges débords sont particulièrement adaptés aux fortes précipitations de la Ngounié et contribuent à protéger les façades.

Le design associe murs clairs, bois sombre, claustras verticaux, persiennes et touches de pierre naturelle.

Restaurant-bar tropical contemporain de la Ngounié

 


Cette image pourrait parfaitement représenter la façade d’un restaurant ou d’un bar contemporain inspiré de l’architecture gabonaise. Le design reprend un langage néo-vernaculaire tropical, avec une construction basse, horizontale et largement ouverte sur l’extérieur.

Design et architecture des deux maisons

 



Ces deux maisons présentent une architecture tropicale contemporaine inspirée du style vernaculaire de la Ngounié. Elles conservent les caractéristiques essentielles de l’habitat régional tout en proposant une finition plus moderne et soignée.

La première maison se distingue par une toiture à plusieurs pans, tandis que la seconde adopte une grande toiture à deux pentes.

Boutique artisanale néo-vernaculaire de la Ngounié

 



Cette construction présente un design tropical néo-vernaculaire, inspiré de l’architecture populaire gabonaise mais adapté à un usage commercial contemporain.

L’architecture conserve une forme basse et horizontale, avec plusieurs toitures inclinées en tôle à deux et plusieurs pans.

Style : architecture néo-vernaculaire tropicale gabonaise

 


Cette maison propose une réinterprétation contemporaine de l’habitat traditionnel de la Ngounié. Elle conserve les principes de la maison locale tout en leur donnant une finition beaucoup plus moderne.

La grande toiture à quatre pans, largement débordante, constitue l’élément architectural dominant. Elle répond au climat très pluvieux en éloignant l’eau des façades et crée de larges zones ombragées.

La véranda frontale profonde devient une véritable pièce extérieure. Elle est protégée par des claustras en bois qui filtrent le soleil, préservent l’intimité et permettent la circulation naturelle de l’air.

Style architectural : maison vernaculaire tropicale de la Ngounié


 


Cette habitation présente un style vernaculaire tropical, avec une architecture sobre qui semble directement pensée pour les conditions climatiques de la région.

La maison est de plain-pied, compacte et rectangulaire, surmontée d’une imposante toiture à quatre pans en tôle ondulée.

Compound résidentiel tropical contemporain de la Ngounié

 


Cette image présente un **compound résidentiel néo-vernaculaire tropical**, conçu comme un ensemble de plusieurs maisons indépendantes intégrées dans une végétation très dense. Le concept reprend l’idée de la **grande concession familiale gabonaise**, mais dans une version contemporaine, organisée et paysagée. Les maisons sont essentiellement **de plain-pied**, avec des volumes simples et largement ouverts vers les jardins. Les grandes **toitures inclinées à deux et quatre pans**, aux débords généreux, constituent l’élément architectural dominant. Elles sont particulièrement adaptées aux fortes pluies équatoriales et permettent également de maintenir les façades et terrasses à l’ombre.

World Tour Series: Libreville, Capital of Gabon


Libreville (French: Libreville) is the capital, largest city, and second-largest port of the Gabonese Republic, and the capital of Estuaire Province. It is located on the north bank of the Gabon Estuary in northwestern Gabon, bordering the Atlantic Ocean to the west. Libreville is an international city in Central Africa. Figure 1, "Notre Dame de Libreville" in Libreville, Gabon, combines Portuguese tile art with religious architectural features. The large blue and white tile paintings on the facade depict religious stories. This tile decoration technique originated in Portugal, reflecting the influence of colonial culture on local architecture. Figure 2, St. Mary's Church, Libreville Figure 3, "Our Lady" Church, Libreville Figures 4 and 5, Hassan II Mosque, Libreville, located along Avenue de l'Arc de Triomphe in the city center, is a landmark building in Libreville. Its design blends modern style with Islamic features, boasting distinct geometric shapes and decorative details, reflecting the local emphasis on religious culture. ‌ Figures 6-8, St. Michael's Church (Basilique St. Michel), Libreville, located in Libreville, the capital of Gabon, is a religious building that blends Romanesque and Gothic styles. The church was originally built in the 14th century. Its exterior decoration features continuous arches and columns, with the facade and right transept adorned with green, red, and white marble. Its iconic feature is 31 carved redwood columns, made from local timber, varying in height and creating a strong visual impact. ‌ The church took over 60 years to build (approximately 1017-1080) and was funded by local residents. It is one of the representative Gothic buildings of the Île-de-France in the Middle Ages. The interior preserves artworks from different periods, including oil paintings, frescoes, and sculptures, reflecting the fusion of Luca culture and faith. Figure 9, The African Development Bank Regional Office in Libreville, Gabon, features a modernist architectural style. Its exterior boasts large glass curtain walls paired with a unique geometric top design, presenting a strong sense of modernity and distinctiveness, embodying the professionalism and iconic nature of international financial institution buildings. Figure 10, The Abolition of Slavery Monument in Libreville, Gabon. The main sculpture of the monument depicts figures breaking free from chains, accompanied by stone columns on both sides carved with historical scenes. It symbolizes the struggle of the African people to break free from the oppression of slavery and pursue freedom, serving as a reflection on the history of slavery and a commemoration of freedom.

La carte de Libreville

 


La carte Gabon

 


Un territoire, deux collectivités

Le territoire owendois est en crise. Celle-ci est essentiellement foncière et financière. Le conflit oppose la municipalité à l’Office des Ports et Rades du Gabon. En effet, dès sa création, le 1er avril 1974, les pouvoirs publics ont décidé de confier la gestion du port, ainsi que les terrains domaniaux compris dans les circonscriptions portuaires, à l’Office des Ports et Rades du Gabon (OPRAG), organisme spécialisé revêtant la forme d’un établissement public à caractère industriel et commercial. Une décennie plus tard, avec la mise en service du Port d’Owendo et, dans le souci d’un contrôle efficient de l’occupation de l’espace attribué dans ledit port, la gestion du domaine portuaire, dénommée Zone Autonome du Port d’Owendo (ZAPO), est cédée à l’OPRAG. L’office a alors sous son contrôle un vaste domaine dont la zone industrialo-portuaire et le village Owendo. Doté d’une autonomie financière et de la personnalité civile, l’OPRAG tire ses ressources des taxes sur les navires, des marchandises et redevances d’occupation (entreprises portuaires, dépôts marchandises, sociétés commerciales), de l’impôt foncier (figure 3).

Figure 3. Les encaissements de l’OPRAG.

Figure 3. Les encaissements de l’OPRAG.

Sources : Agence immobilière Alliance, 2004

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Stratégies d’occupation des territoires urbain et péri-urbain

Création de la commune d’Owendo : des pesanteurs politico-administratives

27A l’origine zone industrielle et portuaire de Libreville, la localité d’Owendo devient une commune de plein exercice en 1995. Elle se distingue à plusieurs égards. Owendo est une zone à vocation industrielle et portuaire et constitue le point de rupture du chemin de fer gabonais. Cependant, la division de Libreville soulève une interrogation. Quel est concrètement l’intérêt de créer une commune à Owendo ? 

Vers un découpage inspiré des contours ethno-culturels

La principale difficulté liée à la délimitation des quartiers reste l’ignorance ou la reconnaissance mineure du droit foncier coutumier par les autorités publiques. En effet, en 1963, afin de réglementer le patrimoine foncier au Gabon, les pouvoirs publics ont fixé la composition du domaine de l’Etat à travers la loi n° 14/63 du 8 mai 1963 établissant les règles qui régissent les modes d’occupation et de gestion du sol. Depuis lors, les politiques foncières nationales relèvent des services centraux de l’Etat portés vers des priorités et des intérêts qui ne cadrent pas toujours avec les modèles d’organisation et de gestion traditionnelle des terres. Or, depuis plusieurs siècles, la terre est la propriété des premiers occupants de Libreville (Mpongwé, Sekiani et Fang). Ces derniers ont toujours fait valoir leurs droits coutumiers sur la terre de leurs ancêtres. Ce droit a pour origine le pacte conclu avec la divinité du sol, afin d’en permettre l’usage à la collectivité.

Décentralisation, mobilité des limites et chevauchement de territoires

Le nouveau morcellement territorial participe, semble-t-il, du souci des pouvoirs publics de maîtriser l’espace et d’amorcer le processus de décentralisation. En effet, depuis les années 1990, la politique de décentralisation est à l’ordre du jour au Gabon. Mise en place dans un contexte d’amenuisement des ressources de l’Etat, la décentralisation – voulue par la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International et conçue en relation avec les programmes d’assainissement des budgets publics et d’ajustement structurel – préconise, entre autres, le transfert de pouvoir vers les municipalités locales en mobilisant les populations et les acteurs socio-économiques qu’elles administrent ; la redistribution des fonctions et des ressources entre les échelons locaux et nationaux du gouvernement ; de doter les collectivités locales de pouvoirs administratif et financier nécessaires à la satisfaction des besoins essentiels des populations.

Recomposition de la mosaïque urbaine

La période post-indépendance est considérée comme celle des premières grandes réformes portant réorganisation des entités administratives du pays. Il s’agira en réalité de réaménager les unités territoriales coloniales afin de les adapter aux nouveaux besoins d’aménagement urbain et régional. Par rapport au découpage antérieur, les groupes de quartiers sont fusionnés – sans grande cohésion – en des entités beaucoup plus vastes dénommées arrondissements ; à en juger par la configuration du 3

Ces entités territoriales coloniales

Ces entités territoriales coloniales ne correspondaient pas véritablement à une réalité spatiale bien précise. Elles étaient destinées essentiellement à assurer des fonctions d’autorité et d’encadrement du territoire. Mais on note qu’il y a au départ une préférence pour les collines et le bord de mer, où les administrateurs coloniaux ont établi leurs résidences, alors que « les quartiers africains, situés dans la plaine évoluaient dans un milieu suffocant et humide » (M’Bokolo, 1992). C’est précisément dans les terres basses de Nombakélé et la Loubila M’batavéa, que se sont étalés les quartiers africains où les populations vivaient dans des conditions hygiéniques douteuses. C’est pour dire que : « Le modèle colonial apparaît comme un urbanisme à l’état pur puisqu’il peut se développer sans ses vertus, sans avoir à composer avec l’histoire, la propriété et le populaire. Pour une raison simple : la colonisation, par décret, nie l’histoire indigène, refuse de conforter juridiquement la propriété des occupants des sites à urbaniser et enfin de la structure urbaine précède le peuplement » (Tribillon, 1995).

Cinq décennies de difficile production des territoires urbains

La question de la production des territoires urbains au Gabon ne date pas d’aujourd’hui. L’organisation des communes s’est réalisée progressivement depuis la fin de la période coloniale. A cette époque Libreville, comme Port-Gentil, était une commune de plein exercice, c’est-à-dire disposant d’un conseil municipal et d’un maire élu. Auréolée par le boom pétrolier, la capitale gabonaise, dans sa dynamique de croissance, déborde rapidement son site initial pour conquérir les espaces ruraux environnants. Les politiques d´aménagement urbain menées, dans un contexte de croissance démographique difficile à maîtriser, n’ont pas donné au tissu urbain la cohésion socio-spatiale qui lui est nécessaire. 

De la commune mixte à l’agglomération de Libreville

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« Libreville – Scène de Tam-Tam »

 


Cette photographie ancienne, légendée « Libreville – Scène de Tam-Tam », montre une scène de vie collective dans le Libreville d’autrefois.

Au centre, plusieurs personnes participent à une danse collective, disposées en mouvement les unes derrière les autres. Certaines semblent se tenir ou se suivre tandis qu’un groupe de spectateurs observe la scène. À gauche, on distingue également ce qui paraît être un instrument ou un élément utilisé pendant la cérémonie, mais la photographie seule ne permet pas d’en déterminer précisément la fonction.

L’environnement est particulièrement intéressant : les habitations sont construites avec des matériaux végétaux, avec de larges toitures en feuilles ou en chaume, de profonds débords protégeant les façades, des poteaux en bois et des parois constituées de matériaux légers. La scène se déroule directement sur un sol naturel, au milieu des maisons.

Pour Design du Gabon, cette photographie peut illustrer non seulement la culture, mais aussi l'histoire de l'habitat et de l'organisation des espaces communautaires.

Légende proposée :

LIBREVILLE D’AUTREFOIS — Culture, architecture et vie communautaire
Cette ancienne « scène de Tam-Tam » nous montre un Libreville où danse, musique, habitat et vie collective partageaient le même espace. Au-delà de la cérémonie, la photographie constitue un précieux témoignage de l’architecture vernaculaire et de la manière dont les communautés organisaient autrefois leurs lieux de vie.

Libreville, la ville et sa région. A. Colin (Fondation natio¬ nale des Sciences Politiques, n° 98), 1958, 348 pages.

Lasserre (Guy). Libreville, la ville et sa région. A. Colin (Fondation natio¬ nale des Sciences Politiques, n° 98), 1958, 348 pages. 


 Le très remarquable ouvrage que M. Guy Lasserre a consacré à Libreville mérite de retenir l'attention et par la riche documentation qu'il apporte sur la structure sociale d'une grande agglomération africaine et par les lueurs qu'ils projette sur toute l'économie gabonaise, et par l'exemple qu'il donne de méthodes d'enquêtes dans un milieu urbain de construction « coloniale ». Le livre s'ouvre sur une présentation des paysages urbains. Libreville s'étire sur les rives de l'estuaire du Gabon. Les quartiers peuplés de Blancs où voisi¬ nent des demeures d'aspect « vieux colonial » et des immeubles modernes, limités dans leur expansion par les collines qui les enserrent, ne montrent pas le plan géométrique classique des villes européennes d'Afrique. Vingt-deux « villages » africains au tracé désordonné les cernent, tassent leurs cases d'écorces, en planches ou « en dur » au bord des estuaires, s'insinuent dans les vallons, escaladent les collines. C'est en 1843 que fut fondé le comptoir du Gabon d'où devait naître Libre¬ ville : il s'agissait de donner aux navires français chargés de réprimer le trafic négrier au fond du golfe de Guinée une rade de mouillage et de ravi¬ taillement ; en 1849, des esclaves libérés y furent débarqués ; une mission catholique, des factoreries s'y établirent... Mais les explorations entreprises démontrèrent que l'immense estuaire du Gabon n'ouvrait aucune grande voie vers l'intérieur ; le Gabon se révéla un pays vide d'hommes, aux civilisations attardées. A la fin du XIXe siècle, Libreville languissait ; les « fièvres » déci¬ maient sa population. C'est alors que l'exploitation de l'okoumé, arbre au bois tendre, entraîna une ruée vers les concessions forestières de l'intérieur ; « Le miracle de l'okoumé » sauva Libreville : « le comptoir du Gabon, promu par la seule vertu de son ancienneté au rang prestigieux mais menacé de capitale de la France équatoriale, trouva dès lors un nouvel équilibre dans la seule gestion administrative et économique du territoire du Gabon ». Cepen¬ dant l'essor de Libreville est entravé par les conditions de mise en valeur de l'arrière-pays : les moyens de liaison vers l'intérieur sont toujours précaires, le pouvoir d'achat des Gabonais de la brousse reste médiocre. Le port n'est outillé que pour accueillir un faible trafic de marchandises européennes, l'essentiel des chargements de bois s'effectuant sur des rades foraines éloi¬ gnées. A l'étude des populations de Libreville sont consacrés des chapitres très denses et très neufs. La vie quotidienne des Blancs et leur psychologie sont analysés avec subtilité — et non sans humour. Dans les quartiers africains, le vieux fond mpongoué est submergé par des gens de toutes races venues de la forêt ; on y trouve les groupes ethniques les plus divers ; il s'y parle toutes sortes de dialectes. Il est des « villages » — tel Glass — dont la structure démographique et le comportement social sont ceux d'une popu¬ lation stabilisée ; ailleurs, comme à Nombakélé, tout dit encore l'instabilité. Les habitants des Libreville noires mènent une vie mi-rurale, mi-citadine ; rares sont les femmes qui n'entretiennent pas une « plantation ». Le livre de M. Lasserre s'achève par un pénétrant chapitre sur les « contacts de civilisation » où sont notamment étudiées les altérations des structures traditionnelles chez les Africains de Libreville. « Les coutumes ne se laissent pas facilement extirper, même en milieu urbain, où elles sont gravement dégradées : elles s'effondrent par pans entiers, mais les vestiges qui subsistent ont une résistance étonnante ». L. Papy.

ANCIEN PALAIS DU GOUVRNEUR

« LIBREVILLE (Gabon) — Palais du Gouvernement »

On distingue une architecture historique très forte : façade symétrique, grandes ouvertures en arc, galerie, toiture adaptée au climat et végétation tropicale.

Pour Design du Gabon, je verrais très bien ces deux anciennes photos dans un dossier spécial :

LIBREVILLE D’HIER

Redécouvrir le patrimoine architectural oublié de la capitale

lundi 7 septembre 2026

ABIDJAN : CE QUE LE GABON PEUT APPRENDRE DE SON URBANISME

 





l’Échangeur de l’Amitié Ivoiro-Japonaise Shinzo Abe, au carrefour Solibra à Abidjan. Le projet a été financé par le gouvernement japonais via la JICA et réalisé avec des entreprises japonaises. Sa deuxième phase a ajouté un troisième viaduc de 760 m de long, 9,7 m de large et 17 m de hauteur, passant au-dessus des deux premiers ouvrages. Ce n’est d’ailleurs pas un cas isolé. Le Japon finance également trois échangeurs sur le boulevard François-Mitterrand — École de Police, Riviera 3 et Palmeraie. Pour ces ouvrages, le gouvernement ivoirien indique que les travaux ont été confiés à un groupement japonais comprenant Shimizu Corporation, Toda Corporation et JFE Engineering. Ce qui est particulièrement intéressant pour ton idée de Libreville 2, c’est que la coopération japonaise ne consiste donc pas seulement à apporter de l’argent : les accords prévoient aussi l'utilisation de technologies japonaises de construction rapide et de protection anticorrosion de l’acier, ainsi qu’un transfert de savoir-faire. Le Gabon pourrait tout à fait rechercher le même type de partenariat avec le Japon/JICA pour construire des échangeurs et axes rapides à Libreville. Dans un climat équatorial humide et côtier, leur expertise en ponts, drainage, durabilité et protection contre la corrosion serait particulièrement intéressante.

Concevoir un véritable échangeur autoroutier moderne


Le problème principal est que l’image donne l’impression d’un grand échangeur grâce au nombre de voies, mais certaines bretelles ne réalisent pas réellement tous les mouvements entre les deux axes. Certaines se terminent ou se raccordent de manière visuellement séduisante mais incohérente du point de vue routier.

Un véritable échangeur comme Dallas doit permettre, sans rond-point et idéalement sans feu rouge, les mouvements entre les deux axes : continuer tout droit dans chaque direction et passer d’un axe à l’autre dans chacune des directions. Cela nécessite des bretelles d’entrée et de sortie continues, avec de vraies zones d’accélération et de décélération.

Pour Libreville 2, je partirais donc plutôt sur deux autoroutes urbaines perpendiculaires, avec 2 × 3 ou 2 × 4 voies sur chaque axe principal, puis quatre grandes bretelles directionnelles. On peut garder le caractère gabonais avec une architecture tropicale, des ouvrages élégants et une végétation basse, mais la géométrie routière doit d’abord être crédible.








La Cité d’Émeraude

 



C'est un nouveau pôle administratif de l'État gabonais, lancé en avril 2024 à Libreville. L'objectif est de regrouper dans un même ensemble moderne plusieurs ministères et services publics actuellement dispersés dans la capitale. Le gouvernement indique qu'à terme le complexe doit comprendre 14 immeubles administratifs de type R+8 et R+9

Les bâtiments sont donc essentiellement destinés à accueillir des bureaux de ministères et d'administrations publiques, plutôt qu'à constituer une cité résidentielle classique. Selon L'Union, chaque édifice doit notamment comprendre 63 bureaux, des salles de réunion, des espaces d'archives et des espaces communs, dont un restaurant-café

Le projet va plus loin que les seuls immeubles. Les plans publiés mentionnent également des espaces verts, des parkings, des zones piétonnes, un data center sécurisé, une centrale électrique autonome et une installation de traitement des eaux usées

Combien coûte la Cité Émeraude ?

C'est là qu'il faut distinguer les différentes phases et marchés. Deux marchés publics documentés concernent six immeubles : environ 35,74 milliards FCFA pour quatre bâtiments, auxquels s'ajoutent 17,85 milliards FCFA pour deux autres, soit environ 53,6 milliards FCFA pour ces six immeubles. Cela ne signifie donc pas nécessairement que 53,6 milliards représente le coût final de l'intégralité des 14 bâtiments et de tous les équipements. 

Pourquoi ce projet est important

L'idée économique est intéressante : l'État construit son propre patrimoine immobilier plutôt que de continuer à louer de nombreux bâtiments privés pour ses administrations. Le gouvernement présente donc la Cité Émeraude à la fois comme un projet de modernisation administrative et comme un moyen de réduire durablement les dépenses de loyers publics. 

Et cela rejoint directement votre réflexion précédente sur « comprimer le temps du développement » : un ensemble de cette ampleur montre qu'il est possible de lancer plusieurs bâtiments simultanément plutôt que de construire ministère après ministère.

La Cité Émeraude pourrait ainsi servir de cas concret dans votre article sur Elon Musk et le dilemme gabonais : si nous pouvons appliquer cette logique de construction simultanée à l'administration, pourquoi ne pas l'appliquer à l'énergie, aux logements, aux hôpitaux, aux routes et aux nouvelles villes ?





dimanche 6 septembre 2026

Loger ou entasser ? Le Gabon mérite mieux que des cités sans espace et sans ambition

 



Il faut avoir le courage de poser une question simple : construisons-nous seulement des maisons, ou construisons-nous des quartiers dans lesquels nos enfants auront encore envie de vivre dans trente ou cinquante ans ?

En observant certaines opérations récentes de logements, une impression s'impose : les maisons sont nombreuses, certes, mais elles sont parfois excessivement rapprochées, implantées sur des parcelles réduites, avec peu d'espace entre les constructions, peu de végétation et une architecture très répétitive.

Il ne s'agit pas de nier l'effort considérable que représente la construction de logements dans un pays qui en a besoin. Il faut construire. Il faut même construire beaucoup. Mais la quantité ne doit jamais devenir l'excuse de la médiocrité urbaine.




Nous avons pourtant déjà su faire autrement au Gabon

C'est précisément ce qui rend le débat intéressant.

Il suffit d'observer certains quartiers plus anciens, notamment Likouala à Libreville ou certaines anciennes cités SNI d'Owendo, pour comprendre qu'il existe au Gabon une tradition de logement planifié qui mérite d'être étudiée, adaptée et modernisée.

Likouala n'est d'ailleurs pas seulement un nom associé à l'habitat gabonais : la SNI documente historiquement les lotissements de Likouala-Moussaka et Likouala Coopération, avec 352 lots issus du morcellement. Elle documente également à Owendo l'important ensemble de Nomba-Domaine, qui comptait 929 lots dans son patrimoine historique. (SNI Gabon)

Ces quartiers ne sont évidemment pas parfaits et ont connu les transformations, extensions et difficultés propres à plusieurs décennies d'urbanisation. Mais leur conception initiale rappelle une idée essentielle : un logement peut être modeste sans que la parcelle soit minuscule et sans que la famille soit enfermée entre quatre murs et la clôture du voisin.

C'est cette philosophie qu'il faudrait retrouver.

Même à Likouala, des opérations plus récentes ont montré qu'il était possible d'explorer d'autres formes d'habitat. Les « Likouala Crossroads Apartments », par exemple, proposaient des F3 de 112 m² et des F4 de 147 m², avec deux places de stationnement par appartement. (Gabonreview.com | Actualité du Gabon |)

Autrement dit, nous possédons déjà au Gabon des références à examiner. Nous n'avons pas besoin de partir de zéro.

Pourquoi fabriquer de la promiscuité dans un pays qui dispose d'espace ?

Le problème n'est pas de défendre l'étalement urbain sans limite. Une ville excessivement étalée coûte cher : davantage de routes, davantage de réseaux électriques, davantage de canalisations et des transports plus difficiles.

Il faut donc de la densité.

Mais il existe une différence fondamentale entre densifier intelligemment et entasser.

Lorsque des maisons individuelles sont tellement rapprochées que les parcelles ne permettent presque plus de planter un arbre, de créer un jardin, d'aménager une terrasse ou d'agrandir raisonnablement le logement, nous devons nous demander si nous n'avons pas sacrifié trop rapidement la qualité de vie au nombre d'unités produites.

Une famille gabonaise n'habite pas seulement une maison.

Elle reçoit ses parents. Les enfants jouent dehors. On plante. On cuisine parfois à l'extérieur. On construit une terrasse. La famille s'agrandit. Une génération peut succéder à une autre.

La parcelle fait donc partie du logement.

Et surtout : où sont les arbres ?

Cette question devrait presque devenir obligatoire dans tout nouveau projet immobilier gabonais.

Nous sommes dans un pays équatorial couvert d'une forêt extraordinaire et nous construisons parfois des quartiers qui pourraient se trouver n'importe où dans le monde.

C'est un paradoxe.

Le futur habitat gabonais devrait au contraire être immédiatement reconnaissable : grands arbres tropicaux, rues ombragées, jardins, ventilation naturelle, larges avancées de toiture, vérandas, sols perméables, bassins paysagers, récupération des eaux pluviales et végétation abondante.

Le Gabon devrait inventer sa propre cité-jardin équatoriale.

Le logement social n'est pas condamné à être pauvre architecturalement

Il faut également combattre une idée : parce qu'une maison doit être abordable, elle devrait nécessairement être petite, répétitive et implantée sur le minimum de terrain possible.

Non.

La beauté ne signifie pas nécessairement marbre, verre ou matériaux importés.

Un grand arbre peut apporter davantage de noblesse à une rue qu'une façade coûteuse. Une véranda bien dessinée peut transformer une petite maison. Quelques mètres supplémentaires entre deux constructions peuvent préserver l'intimité de deux familles pendant cinquante ans.

L'intelligence architecturale coûte parfois beaucoup moins cher que la réparation ultérieure d'un mauvais urbanisme.

Même la SNI semble aujourd'hui reconnaître cette nécessité

Il est intéressant de constater que la réflexion évolue. En septembre 2026, la direction de la SNI a justement expliqué vouloir faire de ses nouvelles cités de véritables espaces de vie et non de simples dortoirs, en évoquant les projets d'Owendo, Nkok et Essassa. À la Cité Rose d'Owendo, environ 100 parcelles ont été dégagées sur un site d'environ 100 hectares. (Gabonreview.com | Actualité du Gabon |)

C'est une orientation qu'il faut encourager, mais également pousser beaucoup plus loin.

Un « espace de vie » doit signifier concrètement : écoles, commerces, terrains de sport, parcs, arbres, trottoirs, places publiques, drainage, transports, sécurité, équipements culturels et espaces permettant aux habitants de se rencontrer.

Construisons pour 2075, pas seulement pour l'inauguration de 2026

C'est finalement le véritable enjeu.

Une politique du logement ne devrait pas être jugée uniquement le jour où l'on coupe le ruban.

100 maisons construites.
500 logements livrés.
1 000 familles installées.

Ces chiffres sont importants, mais ils ne racontent qu'une partie de l'histoire.

Revenons vingt-cinq ans plus tard.

Les arbres ont-ils grandi ? Les maisons ont-elles pris de la valeur ? Les familles ont-elles pu les agrandir ? Les rues sont-elles encore agréables ? Les enfants disposent-ils d'espaces pour jouer ? Les eaux pluviales sont-elles correctement évacuées ? Le quartier possède-t-il une identité ? Les habitants sont-ils fiers d'y vivre ?

Voilà le véritable bilan d'une politique du logement.

Le Gabon possède déjà, à travers Likouala, certaines anciennes cités SNI d'Owendo et d'autres expériences résidentielles, une histoire de l'habitat planifié dont nous pouvons tirer des enseignements. Il faut prendre ce qui a fonctionné, comprendre ce qui a échoué, puis faire beaucoup mieux avec les connaissances urbanistiques dont nous disposons aujourd'hui.

Notre ambition ne devrait donc pas être simplement :

« Combien de maisons pouvons-nous construire ? »

Elle devrait devenir :

« Quel quartier voulons-nous transmettre à nos enfants avec ces maisons ? »

Car loger une génération est une urgence. Construire une ville digne pour plusieurs générations est une vision.

Libreville 2: A City to Build Over 25 Years, but Bring to Life Within the First Five


The Libreville 2 project covers nearly 30,000 hectares, or approximately 300 square kilometers. At this scale, expecting the entire city to be completed within five or even ten years would be unrealistic. This is not simply about building houses; it is about creating an actual city with roads, water and electricity networks, sanitation systems, schools, hospitals, businesses, government services, economic districts, green spaces, and transportation infrastructure.

Full development should reasonably take place over 20 to 30 years. But this certainly does not mean that Gabonese citizens should have to wait until 2050 to see Libreville 2 come to life.

The first two or three years should focus on securing land, completing technical studies, arranging financing, and building major infrastructure. Within the first five years, an initial district could already be fully operational, with housing, roads, schools, businesses, parks, public services, water, electricity, fiber connectivity, and jobs.

Within ten years, several districts could form a genuine new urban center. After fifteen or twenty years, Libreville 2 could already function as a major structured city before progressively reaching its full metropolitan scale around 2050.

We must therefore distinguish between the birth of Libreville 2 and its final completion.

The objective could be simple: Libreville 2 operational by 2031; Libreville 2 as a full metropolitan vision by 2050.

A city covering 300 square kilometers should not be treated as the construction project of a single presidential term. It is a national project that must transcend governments, survive political transitions, and serve several generations of Gabonese citizens.

The real challenge, therefore, is not to build everything immediately. It is to start correctly today so that the country can continue building sustainably tomorrow.

Libreville 2 : une ville à bâtir en 25 ans, mais à faire vivre dès les cinq premières années


Le projet Libreville 2 représente près de 30 000 hectares, soit environ 300 km². À cette échelle, parler d’une construction complète en cinq ou dix ans serait peu réaliste. Il ne s’agit pas simplement de bâtir des maisons, mais de créer une véritable ville avec ses routes, ses réseaux d’eau et d’électricité, son assainissement, ses écoles, ses hôpitaux, ses commerces, ses administrations, ses zones économiques, ses espaces verts et ses transports.

Une réalisation complète devrait raisonnablement s’inscrire sur 20 à 30 ans. Mais cela ne signifie absolument pas que les Gabonais doivent attendre 2050 pour voir Libreville 2 prendre vie.

Les deux ou trois premières années devraient être consacrées à la sécurisation du foncier, aux études, au financement et aux grandes infrastructures. Dans les cinq premières années, un premier district pourrait déjà être entièrement fonctionnel : logements, routes, écoles, commerces, espaces verts, services publics, eau, électricité, fibre et emplois.

À l’horizon de dix ans, plusieurs quartiers pourraient constituer un véritable nouveau pôle urbain. Après quinze ou vingt ans, Libreville 2 pourrait déjà être une grande ville structurée, avant d’atteindre progressivement sa pleine dimension métropolitaine autour de 2050.

Il faut donc distinguer la naissance de Libreville 2 de son achèvement.

L’objectif pourrait être simple : Libreville 2 opérationnelle dès 2031, Libreville 2 métropole à l’horizon 2050.

Car une ville de 300 km² ne doit pas être considérée comme le chantier d’un mandat présidentiel. C’est un projet national qui doit traverser les gouvernements, survivre aux alternances politiques et servir plusieurs générations de Gabonais.

Le véritable défi n’est donc pas de construire tout, tout de suite. Il est de commencer correctement aujourd’hui pour pouvoir continuer durablement demain.