Monday, September 7, 2026

ABIDJAN : CE QUE LE GABON PEUT APPRENDRE DE SON URBANISME

 





l’Échangeur de l’Amitié Ivoiro-Japonaise Shinzo Abe, au carrefour Solibra à Abidjan. Le projet a été financé par le gouvernement japonais via la JICA et réalisé avec des entreprises japonaises. Sa deuxième phase a ajouté un troisième viaduc de 760 m de long, 9,7 m de large et 17 m de hauteur, passant au-dessus des deux premiers ouvrages. Ce n’est d’ailleurs pas un cas isolé. Le Japon finance également trois échangeurs sur le boulevard François-Mitterrand — École de Police, Riviera 3 et Palmeraie. Pour ces ouvrages, le gouvernement ivoirien indique que les travaux ont été confiés à un groupement japonais comprenant Shimizu Corporation, Toda Corporation et JFE Engineering. Ce qui est particulièrement intéressant pour ton idée de Libreville 2, c’est que la coopération japonaise ne consiste donc pas seulement à apporter de l’argent : les accords prévoient aussi l'utilisation de technologies japonaises de construction rapide et de protection anticorrosion de l’acier, ainsi qu’un transfert de savoir-faire. Le Gabon pourrait tout à fait rechercher le même type de partenariat avec le Japon/JICA pour construire des échangeurs et axes rapides à Libreville. Dans un climat équatorial humide et côtier, leur expertise en ponts, drainage, durabilité et protection contre la corrosion serait particulièrement intéressante.

Concevoir un véritable échangeur autoroutier moderne


Le problème principal est que l’image donne l’impression d’un grand échangeur grâce au nombre de voies, mais certaines bretelles ne réalisent pas réellement tous les mouvements entre les deux axes. Certaines se terminent ou se raccordent de manière visuellement séduisante mais incohérente du point de vue routier.

Un véritable échangeur comme Dallas doit permettre, sans rond-point et idéalement sans feu rouge, les mouvements entre les deux axes : continuer tout droit dans chaque direction et passer d’un axe à l’autre dans chacune des directions. Cela nécessite des bretelles d’entrée et de sortie continues, avec de vraies zones d’accélération et de décélération.

Pour Libreville 2, je partirais donc plutôt sur deux autoroutes urbaines perpendiculaires, avec 2 × 3 ou 2 × 4 voies sur chaque axe principal, puis quatre grandes bretelles directionnelles. On peut garder le caractère gabonais avec une architecture tropicale, des ouvrages élégants et une végétation basse, mais la géométrie routière doit d’abord être crédible.








La Cité d’Émeraude

 



C'est un nouveau pôle administratif de l'État gabonais, lancé en avril 2024 à Libreville. L'objectif est de regrouper dans un même ensemble moderne plusieurs ministères et services publics actuellement dispersés dans la capitale. Le gouvernement indique qu'à terme le complexe doit comprendre 14 immeubles administratifs de type R+8 et R+9

Les bâtiments sont donc essentiellement destinés à accueillir des bureaux de ministères et d'administrations publiques, plutôt qu'à constituer une cité résidentielle classique. Selon L'Union, chaque édifice doit notamment comprendre 63 bureaux, des salles de réunion, des espaces d'archives et des espaces communs, dont un restaurant-café

Le projet va plus loin que les seuls immeubles. Les plans publiés mentionnent également des espaces verts, des parkings, des zones piétonnes, un data center sécurisé, une centrale électrique autonome et une installation de traitement des eaux usées

Combien coûte la Cité Émeraude ?

C'est là qu'il faut distinguer les différentes phases et marchés. Deux marchés publics documentés concernent six immeubles : environ 35,74 milliards FCFA pour quatre bâtiments, auxquels s'ajoutent 17,85 milliards FCFA pour deux autres, soit environ 53,6 milliards FCFA pour ces six immeubles. Cela ne signifie donc pas nécessairement que 53,6 milliards représente le coût final de l'intégralité des 14 bâtiments et de tous les équipements. 

Pourquoi ce projet est important

L'idée économique est intéressante : l'État construit son propre patrimoine immobilier plutôt que de continuer à louer de nombreux bâtiments privés pour ses administrations. Le gouvernement présente donc la Cité Émeraude à la fois comme un projet de modernisation administrative et comme un moyen de réduire durablement les dépenses de loyers publics. 

Et cela rejoint directement votre réflexion précédente sur « comprimer le temps du développement » : un ensemble de cette ampleur montre qu'il est possible de lancer plusieurs bâtiments simultanément plutôt que de construire ministère après ministère.

La Cité Émeraude pourrait ainsi servir de cas concret dans votre article sur Elon Musk et le dilemme gabonais : si nous pouvons appliquer cette logique de construction simultanée à l'administration, pourquoi ne pas l'appliquer à l'énergie, aux logements, aux hôpitaux, aux routes et aux nouvelles villes ?





Sunday, September 6, 2026

Loger ou entasser ? Le Gabon mérite mieux que des cités sans espace et sans ambition

 



Il faut avoir le courage de poser une question simple : construisons-nous seulement des maisons, ou construisons-nous des quartiers dans lesquels nos enfants auront encore envie de vivre dans trente ou cinquante ans ?

En observant certaines opérations récentes de logements, une impression s'impose : les maisons sont nombreuses, certes, mais elles sont parfois excessivement rapprochées, implantées sur des parcelles réduites, avec peu d'espace entre les constructions, peu de végétation et une architecture très répétitive.

Il ne s'agit pas de nier l'effort considérable que représente la construction de logements dans un pays qui en a besoin. Il faut construire. Il faut même construire beaucoup. Mais la quantité ne doit jamais devenir l'excuse de la médiocrité urbaine.




Nous avons pourtant déjà su faire autrement au Gabon

C'est précisément ce qui rend le débat intéressant.

Il suffit d'observer certains quartiers plus anciens, notamment Likouala à Libreville ou certaines anciennes cités SNI d'Owendo, pour comprendre qu'il existe au Gabon une tradition de logement planifié qui mérite d'être étudiée, adaptée et modernisée.

Likouala n'est d'ailleurs pas seulement un nom associé à l'habitat gabonais : la SNI documente historiquement les lotissements de Likouala-Moussaka et Likouala Coopération, avec 352 lots issus du morcellement. Elle documente également à Owendo l'important ensemble de Nomba-Domaine, qui comptait 929 lots dans son patrimoine historique. (SNI Gabon)

Ces quartiers ne sont évidemment pas parfaits et ont connu les transformations, extensions et difficultés propres à plusieurs décennies d'urbanisation. Mais leur conception initiale rappelle une idée essentielle : un logement peut être modeste sans que la parcelle soit minuscule et sans que la famille soit enfermée entre quatre murs et la clôture du voisin.

C'est cette philosophie qu'il faudrait retrouver.

Même à Likouala, des opérations plus récentes ont montré qu'il était possible d'explorer d'autres formes d'habitat. Les « Likouala Crossroads Apartments », par exemple, proposaient des F3 de 112 m² et des F4 de 147 m², avec deux places de stationnement par appartement. (Gabonreview.com | Actualité du Gabon |)

Autrement dit, nous possédons déjà au Gabon des références à examiner. Nous n'avons pas besoin de partir de zéro.

Pourquoi fabriquer de la promiscuité dans un pays qui dispose d'espace ?

Le problème n'est pas de défendre l'étalement urbain sans limite. Une ville excessivement étalée coûte cher : davantage de routes, davantage de réseaux électriques, davantage de canalisations et des transports plus difficiles.

Il faut donc de la densité.

Mais il existe une différence fondamentale entre densifier intelligemment et entasser.

Lorsque des maisons individuelles sont tellement rapprochées que les parcelles ne permettent presque plus de planter un arbre, de créer un jardin, d'aménager une terrasse ou d'agrandir raisonnablement le logement, nous devons nous demander si nous n'avons pas sacrifié trop rapidement la qualité de vie au nombre d'unités produites.

Une famille gabonaise n'habite pas seulement une maison.

Elle reçoit ses parents. Les enfants jouent dehors. On plante. On cuisine parfois à l'extérieur. On construit une terrasse. La famille s'agrandit. Une génération peut succéder à une autre.

La parcelle fait donc partie du logement.

Et surtout : où sont les arbres ?

Cette question devrait presque devenir obligatoire dans tout nouveau projet immobilier gabonais.

Nous sommes dans un pays équatorial couvert d'une forêt extraordinaire et nous construisons parfois des quartiers qui pourraient se trouver n'importe où dans le monde.

C'est un paradoxe.

Le futur habitat gabonais devrait au contraire être immédiatement reconnaissable : grands arbres tropicaux, rues ombragées, jardins, ventilation naturelle, larges avancées de toiture, vérandas, sols perméables, bassins paysagers, récupération des eaux pluviales et végétation abondante.

Le Gabon devrait inventer sa propre cité-jardin équatoriale.

Le logement social n'est pas condamné à être pauvre architecturalement

Il faut également combattre une idée : parce qu'une maison doit être abordable, elle devrait nécessairement être petite, répétitive et implantée sur le minimum de terrain possible.

Non.

La beauté ne signifie pas nécessairement marbre, verre ou matériaux importés.

Un grand arbre peut apporter davantage de noblesse à une rue qu'une façade coûteuse. Une véranda bien dessinée peut transformer une petite maison. Quelques mètres supplémentaires entre deux constructions peuvent préserver l'intimité de deux familles pendant cinquante ans.

L'intelligence architecturale coûte parfois beaucoup moins cher que la réparation ultérieure d'un mauvais urbanisme.

Même la SNI semble aujourd'hui reconnaître cette nécessité

Il est intéressant de constater que la réflexion évolue. En septembre 2026, la direction de la SNI a justement expliqué vouloir faire de ses nouvelles cités de véritables espaces de vie et non de simples dortoirs, en évoquant les projets d'Owendo, Nkok et Essassa. À la Cité Rose d'Owendo, environ 100 parcelles ont été dégagées sur un site d'environ 100 hectares. (Gabonreview.com | Actualité du Gabon |)

C'est une orientation qu'il faut encourager, mais également pousser beaucoup plus loin.

Un « espace de vie » doit signifier concrètement : écoles, commerces, terrains de sport, parcs, arbres, trottoirs, places publiques, drainage, transports, sécurité, équipements culturels et espaces permettant aux habitants de se rencontrer.

Construisons pour 2075, pas seulement pour l'inauguration de 2026

C'est finalement le véritable enjeu.

Une politique du logement ne devrait pas être jugée uniquement le jour où l'on coupe le ruban.

100 maisons construites.
500 logements livrés.
1 000 familles installées.

Ces chiffres sont importants, mais ils ne racontent qu'une partie de l'histoire.

Revenons vingt-cinq ans plus tard.

Les arbres ont-ils grandi ? Les maisons ont-elles pris de la valeur ? Les familles ont-elles pu les agrandir ? Les rues sont-elles encore agréables ? Les enfants disposent-ils d'espaces pour jouer ? Les eaux pluviales sont-elles correctement évacuées ? Le quartier possède-t-il une identité ? Les habitants sont-ils fiers d'y vivre ?

Voilà le véritable bilan d'une politique du logement.

Le Gabon possède déjà, à travers Likouala, certaines anciennes cités SNI d'Owendo et d'autres expériences résidentielles, une histoire de l'habitat planifié dont nous pouvons tirer des enseignements. Il faut prendre ce qui a fonctionné, comprendre ce qui a échoué, puis faire beaucoup mieux avec les connaissances urbanistiques dont nous disposons aujourd'hui.

Notre ambition ne devrait donc pas être simplement :

« Combien de maisons pouvons-nous construire ? »

Elle devrait devenir :

« Quel quartier voulons-nous transmettre à nos enfants avec ces maisons ? »

Car loger une génération est une urgence. Construire une ville digne pour plusieurs générations est une vision.

Libreville 2: A City to Build Over 25 Years, but Bring to Life Within the First Five


The Libreville 2 project covers nearly 30,000 hectares, or approximately 300 square kilometers. At this scale, expecting the entire city to be completed within five or even ten years would be unrealistic. This is not simply about building houses; it is about creating an actual city with roads, water and electricity networks, sanitation systems, schools, hospitals, businesses, government services, economic districts, green spaces, and transportation infrastructure.

Full development should reasonably take place over 20 to 30 years. But this certainly does not mean that Gabonese citizens should have to wait until 2050 to see Libreville 2 come to life.

The first two or three years should focus on securing land, completing technical studies, arranging financing, and building major infrastructure. Within the first five years, an initial district could already be fully operational, with housing, roads, schools, businesses, parks, public services, water, electricity, fiber connectivity, and jobs.

Within ten years, several districts could form a genuine new urban center. After fifteen or twenty years, Libreville 2 could already function as a major structured city before progressively reaching its full metropolitan scale around 2050.

We must therefore distinguish between the birth of Libreville 2 and its final completion.

The objective could be simple: Libreville 2 operational by 2031; Libreville 2 as a full metropolitan vision by 2050.

A city covering 300 square kilometers should not be treated as the construction project of a single presidential term. It is a national project that must transcend governments, survive political transitions, and serve several generations of Gabonese citizens.

The real challenge, therefore, is not to build everything immediately. It is to start correctly today so that the country can continue building sustainably tomorrow.

Libreville 2 : une ville à bâtir en 25 ans, mais à faire vivre dès les cinq premières années


Le projet Libreville 2 représente près de 30 000 hectares, soit environ 300 km². À cette échelle, parler d’une construction complète en cinq ou dix ans serait peu réaliste. Il ne s’agit pas simplement de bâtir des maisons, mais de créer une véritable ville avec ses routes, ses réseaux d’eau et d’électricité, son assainissement, ses écoles, ses hôpitaux, ses commerces, ses administrations, ses zones économiques, ses espaces verts et ses transports.

Une réalisation complète devrait raisonnablement s’inscrire sur 20 à 30 ans. Mais cela ne signifie absolument pas que les Gabonais doivent attendre 2050 pour voir Libreville 2 prendre vie.

Les deux ou trois premières années devraient être consacrées à la sécurisation du foncier, aux études, au financement et aux grandes infrastructures. Dans les cinq premières années, un premier district pourrait déjà être entièrement fonctionnel : logements, routes, écoles, commerces, espaces verts, services publics, eau, électricité, fibre et emplois.

À l’horizon de dix ans, plusieurs quartiers pourraient constituer un véritable nouveau pôle urbain. Après quinze ou vingt ans, Libreville 2 pourrait déjà être une grande ville structurée, avant d’atteindre progressivement sa pleine dimension métropolitaine autour de 2050.

Il faut donc distinguer la naissance de Libreville 2 de son achèvement.

L’objectif pourrait être simple : Libreville 2 opérationnelle dès 2031, Libreville 2 métropole à l’horizon 2050.

Car une ville de 300 km² ne doit pas être considérée comme le chantier d’un mandat présidentiel. C’est un projet national qui doit traverser les gouvernements, survivre aux alternances politiques et servir plusieurs générations de Gabonais.

Le véritable défi n’est donc pas de construire tout, tout de suite. Il est de commencer correctement aujourd’hui pour pouvoir continuer durablement demain.

Diagnostique de Libreville 2

Le problème est que l’ambition semble avoir précédé la méthode.

Le document indique lui-même qu’en 2026, après la pose de la première pierre de mars 2025, le projet se trouve encore largement au stade de la conception, des études, de la sécurisation juridique et de la définition du calendrier.

Mon analyse : Libreville 2 ne doit surtout pas être abandonnée

Je ne conseillerais ni de réduire Libreville 2 à un simple programme immobilier, ni d'abandonner l'idée d'une grande ville nouvelle. Le diagnostic de départ est solide : Libreville est saturée, l'expansion urbaine est mal organisée, les difficultés de mobilité, de logement, de foncier et d'infrastructures s'accumulent.

Donc la vision est pertinente.

Ce qu'il faut changer, c'est le modèle d'exécution.

Il faut passer de :

« Construisons une ville de 30 000 hectares »

à :

« Construisons un nouveau pôle métropolitain par étapes, chaque étape devant fonctionner économiquement avant que la suivante commence. »

C'est une différence fondamentale

1. Premier problème : 30 000 hectares, c'est gigantesque

30 000 hectares représentent 300 km².

Il ne faut surtout pas essayer d'urbaniser une telle superficie simultanément. Routes, eau, assainissement, électricité, fibre, écoles, hôpitaux, drainage, logements, transports et équipements publics feraient exploser les besoins financiers.

Le document reconnaît d'ailleurs que le projet doit intégrer logements, administrations, commerces, écoles, hôpitaux, industrie, espaces verts et potentiellement le nouvel aéroport d'Andem.

Solution : conserver les 30 000 ha comme périmètre directeur, pas comme chantier immédiat.

Je découperais Libreville 2 en 6 à 10 districts développés sur 20 à 30 ans.

Et je commencerais seulement avec 1 500 à 3 000 hectares.

Cela pourrait donner :

LIBREVILLE 2 — PHASE 1

  • centre administratif secondaire ;

  • 10 000–20 000 logements ;

  • quartier universitaire ;

  • hôpital ;

  • zone commerciale ;

  • petite zone technologique ;

  • écoles ;

  • gare multimodale ;

  • parc urbain ;

  • infrastructures eau/électricité/assainissement ;

  • première grande avenue structurante.

Cette première ville doit déjà être habitable et fonctionnelle toute seule

2. Deuxième problème : on semble avoir commencé par l'architecture

C'est probablement l'erreur la plus importante.

Pierre Goudiaby Atépa peut concevoir une vision architecturale remarquable. Mais une ville ne commence pas avec de beaux immeubles.

Elle commence par ce que j'appellerais les sept réseaux invisibles :

foncier → routes → drainage → eau → assainissement → électricité → télécommunications.

Le document souligne justement qu'un architecte prestigieux ne suffit pas et pose les questions essentielles : qui décide, qui finance, qui contrôle, quelle place pour l'État, les investisseurs, les habitants et les populations d'Andem ?

Il faut donc inverser la logique.

Avant de dessiner les tours, je voudrais voir :

PLAN 1 — Topographie
PLAN 2 — Hydrologie et zones inondables
PLAN 3 — Cadastre
PLAN 4 — Réseau routier
PLAN 5 — Eau
PLAN 6 — Égouts et drainage
PLAN 7 — Électricité
PLAN 8 — transports publics
PLAN 9 — densités urbaines
PLAN 10 — seulement ensuite architecture.

3. Créer une autorité spéciale « Libreville 2 »

Le projet risque autrement de se perdre entre ministères.

Je créerais une structure du type :

Autorité de Développement de Libreville 2 — ADL2

avec un mandat légal de 20 ou 25 ans.

Elle aurait son propre directeur général et réunirait :

urbanisme, cadastre, infrastructures, environnement, finances, habitat, transport, énergie et développement économique.

Elle publierait tous les trois mois un tableau de bord :

Budget engagé | Budget dépensé | Routes réalisées | Eau | Électricité | Logements | Investisseurs | Emplois | Avancement

Cela répond directement au problème de gouvernance soulevé dans le document.

4. Le Gabon ne doit pas financer toute la ville

C'est probablement impossible — et surtout inutile.

Le texte identifie justement le financement comme l'une des grandes inconnues et souligne qu'une ville de cette ampleur exige une programmation pluriannuelle, des investisseurs crédibles et une gouvernance financière robuste.

Le gouvernement devrait financer principalement l'ossature :

routes principales, drainage, foncier, grands réseaux, sécurité, planification.

Ensuite :

Logements → promoteurs privés

Centres commerciaux → investisseurs

Hôtels → investisseurs

Data centers → opérateurs privés

Industrie → entreprises

Solaire → producteurs indépendants

Télécoms → opérateurs

Certaines infrastructures → PPP

Ainsi, chaque franc public investi dans l'infrastructure doit essayer d'attirer plusieurs francs d'investissement privé

5. Il faut donner une raison économique d'habiter Libreville 2

C'est essentiel.

On ne crée pas une ville simplement en construisant des appartements.

Les gens doivent avoir une raison d'y aller.

Je créerais donc plusieurs moteurs économiques :

Andem Airport City

Autour du futur aéroport :

logistique, hôtels, fret, entrepôts, maintenance aéronautique, centre de conférences.

Gabon Digital District

Data centers, fintech, startups, services numériques publics, formation informatique.

Gabon Wood & Design District

Architecture bois, transformation du bois gabonais, mobilier, design africain haut de gamme.

University & Research City

Université, ingénierie, architecture tropicale, médecine, environnement et forêt.

Health City

Hôpital universitaire, cliniques, laboratoires, formation médicale.

Libreville 2 commencerait alors à produire de la richesse, au lieu d'être uniquement une dépense publique.

6. Il faut empêcher la spéculation foncière immédiatement

C'est l'un des dangers les plus sérieux.

Dès que les axes routiers et futurs quartiers deviennent connus, des acteurs peuvent acheter ou accaparer les terrains et attendre que l'État construise les infrastructures.

La valeur foncière explose ensuite grâce à l'argent public.

Le document pose précisément la question de la spéculation et de l'accessibilité des logements.

Je recommanderais donc :

cadastre numérique complet + gel temporaire de certaines transactions + registre public des propriétaires + règles anti-spéculation + réserves foncières publiques.

Et surtout, l'État doit récupérer une partie de l'augmentation de valeur créée par ses propres infrastructures

7. Ne pas construire une ville réservée aux riches

C'est un autre risque très bien identifié par le document : créer une « ville vitrine » inaccessible à une grande partie des Gabonais.

Libreville 2 devrait mélanger :

logements sociaux, logements abordables, classes moyennes, appartements privés, maisons individuelles et immobilier premium.

Je pourrais par exemple imposer dans chaque grande opération résidentielle :

25 % logement accessible
50 % classe moyenne
25 % marché libre/premium

Les proportions exactes devraient évidemment venir d'une étude économique.

Mais le principe est important :

ne jamais fabriquer deux villes — celle des riches et celle des autres.

8. Transport : relier Libreville 1 avant de construire Libreville 2

C'est peut-être l'investissement stratégique numéro un.

Une ville nouvelle située à 45 minutes ou une heure de Libreville avec des embouteillages permanents échouera.

Il faudrait créer dès la première phase un corridor métropolitain Libreville–Andem.

Je réserverais immédiatement l'emprise d'un futur transport lourd ou semi-lourd :

Libreville centre → Akanda/Ntoum selon tracé → Andem → Libreville 2 → aéroport.

Même si le rail ou BRT complet n'est construit que dans dix ans, le terrain doit être réservé aujourd'hui.

Sinon les constructions informelles occuperont le corridor et le coût futur deviendra gigantesque

9. Je modifierais même le concept architectural

Libreville 2 ne devrait surtout pas essayer de devenir Dubaï en miniature.

Elle devrait inventer une esthétique immédiatement identifiable :

la métropole équatoriale africaine du XXIᵉ siècle.

Architecture adaptée à la pluie équatoriale, grandes avancées de toiture, ventilation naturelle, rues ombragées, arbres immenses, bassins de rétention transformés en parcs, matériaux gabonais, motifs bantous abstraits, pierre, bois et végétation.

Le Gabon possède justement quelque chose que Dubaï n'a pas :

la forêt équatoriale.

Il faudrait en faire une force architecturale.

10. Faire de l'eau une composante majeure du plan

Dans un climat équatorial, le drainage ne doit pas être traité comme une canalisation cachée après la construction.

Il faut concevoir une ville-éponge tropicale :

parcs inondables, bassins paysagers, canaux végétalisés, zones humides protégées, sols perméables, récupération des eaux de pluie.

Les zones basses deviendraient des parcs plutôt que des quartiers vulnérables.

Cela peut simultanément réduire les inondations et rendre la ville magnifique

11. Construire d'abord un « morceau de ville parfait »

C'est probablement ma recommandation principale. Au lieu de montrer au public des rendus de 300 km², le gouvernement pourrait annoncer :

LIBREVILLE 2 — DISTRICT ZÉRO

Un secteur de seulement 10–20 km².

Mais complètement terminé.

Routes impeccables.

Trottoirs.

Éclairage.

Fibre.

Écoles.

Hôpital.

Marché.

Commerces.

Parcs.

Logements.

Administration.

Transport.

Égouts.

Eau potable.

Et surtout des habitants et des emplois.

Une fois ce district réussi, on reproduit le modèle

12. Le calendrier que je proposerais

2026–2027 : PLANIFIER

Cadastre, environnement, études hydrologiques, masterplan, financement, autorité Libreville 2, consultations publiques, appels d'offres.

2027–2029 : INFRASTRUCTURES

Corridor Libreville–Andem, routes structurantes, drainage, eau, énergie, fibre et assainissement.

2028–2031 : DISTRICT ZÉRO

Premiers logements, écoles, commerces, hôpital, administrations et zones économiques.

2030–2035 : DEUXIÈME VAGUE

Airport City + université + industrie + nouveaux quartiers.

2035–2050 : MÉTROPOLE

Extension progressive vers l'ensemble du périmètre prévu

Le changement philosophique essentiel

Le document conclut que le gouvernement devrait privilégier une première phase maîtrisée, avec infrastructures essentielles et logements abordables, plutôt que l'image d'une mégapole immédiatement réalisable.

Je pousserais cette idée encore plus loin :

Il ne faut pas diminuer la vision de Libreville 2. Il faut diminuer la taille de sa première étape.

C'est très différent.

On peut conserver une ambition de 300 km² pour 2050, tout en ne construisant que 15 ou 20 km² remarquablement bien pendant la première phase.

Et surtout, je ne présenterais plus Libreville 2 comme « une nouvelle ville à construire », mais comme un programme métropolitain de 25 ans.

C'est ainsi que l'on transforme une promesse politique gigantesque en une succession de projets finançables, mesurables et irréversibles.

À mon sens, c'est cette approche qui pourrait réellement faire de Libreville–Andem une grande métropole équatoriale africaine, plutôt qu'un immense chantier dépendant en permanence du budget de l'État.


Libreville 2 : ne réduisons pas l’ambition, organisons-la

Le projet Libreville 2 répond à une véritable nécessité. Libreville étouffe sous la pression démographique, l’urbanisation désordonnée, les difficultés de mobilité, le déficit de logements et l’insuffisance des infrastructures. Penser une nouvelle centralité urbaine à Andem est donc une ambition légitime.

Le problème n’est pas que le Gabon rêve trop grand. Le problème est que l’ambition semble avoir précédé la méthode. Près d’un an après le lancement officiel, le projet paraît encore largement engagé dans la conception, les études, la sécurisation juridique et la définition de son calendrier.

Il ne faut donc pas abandonner Libreville 2, ni nécessairement réduire son périmètre final de 30 000 hectares. Il faut réduire la taille de sa première étape.

Pourquoi ne pas conserver une vision métropolitaine à l’horizon 2050, mais commencer par un premier district de 1 500 à 3 000 hectares parfaitement aménagé : routes, eau, assainissement, drainage, électricité, fibre, logements accessibles, écoles, hôpital, commerces, espaces verts, transports et emplois ?

Le Gabon devrait également créer une Autorité de développement de Libreville 2, chargée exclusivement de la planification, du foncier, des infrastructures, des investissements et du suivi du projet. Le financement, qui constitue l’un des principaux défis identifiés, devrait associer État, investisseurs privés et partenariats public-privé plutôt que reposer entièrement sur les finances publiques.

Enfin, Libreville 2 ne doit pas devenir une ville-vitrine réservée aux catégories les plus aisées. Elle doit être une ville gabonaise, productive, accessible et tropicale, pensée autour de la forêt, de l’eau, de l’architecture équatoriale et des réalités sociales du pays. Le risque d'une ville moderne mais inaccessible à une grande partie de la population est d'ailleurs clairement identifié.

Ne diminuons donc pas la vision. Organisons-la.

Le Gabon peut rêver d’une grande métropole. Mais une grande ville ne se construit pas par proclamation : elle se construit quartier après quartier, infrastructure après infrastructure, génération après génération.

J

Libreville 2: Oligui Nguema facing the test of his campaign promises

 

Launched with great fanfare on March 28, 2025, by Brice Clotaire Oligui Nguema, the Libreville 2 project was meant to mark Gabon’s entry into a new urban era. A new smart, modern, structured city, designed to ease congestion in the Gabonese capital and support the expansion of the Estuaire province. Nearly a year later, the dream remains intact, but the construction site still seems to be waiting for its true takeoff.

SUMMARY

The recent audience granted by the Minister of Housing, Habitat, Urbanism, and Cadastre, Mays Mouissi, to Senegalese architect and urban planner Pierre Goudiaby Atépa, brings the project back into the debate. Officially, the discussions focused on the design and planning of the future smart new city “Libreville 2”. But this meeting also raises a sensitive question: has the Gabonese government been too ambitious in announcing such a large-scale project before securing all the necessary technical, legal, and financial prerequisites?

Libreville 2 was born from a widely shared diagnosis. The Gabonese capital is saturated. Urbanization is progressing under demographic pressure, while access to land, decent housing, basic services, and infrastructure remains a major challenge. Greater Libreville concentrates a significant portion of the national population and crystallizes difficulties related to mobility, housing, urban planning, and the disordered expansion of neighborhoods.


It is in this context that Brice Clotaire Oligui Nguema presented Libreville 2 as a structuring response. The project, located in the Andem area, is supposed to cover nearly 30,000 hectares. It is meant to host residential neighborhoods, administrative zones, commercial spaces, school and hospital facilities, industrial areas, and green spaces. Meanwhile, the authorities have also mentioned the development of the new international airport in Andem, aimed at enhancing the country’s attractiveness and making this area a new growth pole.

In the official discourse, Libreville 2 is therefore not just a real estate operation. It is a land management project, a new urban center design to relieve Libreville, organize the capital’s expansion, and project a modernized image of Gabon.

The ambition is considerable. But it is precisely this ambition that raises questions today.


A groundbreaking ceremony, then the wait

The launch on March 28, 2025, was presented as the kickoff for the works. The ceremony brought together authorities, technical partners, and local populations. It gave a strong political visibility to the project, just weeks before the presidential election that was to see Brice Clotaire Oligui Nguema take the helm of the country.

But since that ceremony, visible signs of progress remain limited. Official communication does not yet reflect a construction site that has entered a massive construction phase. On the contrary, the latest available elements show that the project is still at the stage of design, studies, and institutional framing.

The meeting between Mays Mouissi and Pierre Goudiaby Atépa is revealing. According to the ministry’s communication, the Senegalese architect presented the initial technical guidelines related to the design and planning of the future urban site. He also requested the establishment of a secure legal framework through the signing of an agreement between his group and the Gabonese state to frame the project’s design phase.


This precision is important. It means that a year after the groundbreaking, the project has not yet fully entered its operational phase. It still needs to secure the studies, define the legal framework, coordinate the competent structures, and establish a precise schedule, outlined on a monthly and quarterly basis.

In other words, Libreville 2 seems to have been politically launched before being fully secured technically.

The funding challenge

The financial question is the other major unknown in the file. A new city of 30,000 hectares, equipped with modern infrastructure, housing, public facilities, economic zones, and a new airport, requires considerable resources. It also demands a robust financial arrangement, multi-year programming, credible investors, transparent governance, and high administrative execution capacity.


However, Gabon is operating in a constrained budgetary context. The country, still dependent on revenues from raw materials, faces tensions regarding its debt and significant funding needs. In March 2026, Libreville formally requested a program from the International Monetary Fund to stabilize its finances and enhance budget transparency.

This situation does not necessarily doom Libreville 2. But it makes the project more complex. In a context of sought budgetary discipline, every major project must now prove its viability, funding, economic return, and social utility. The promise of a smart city is not enough. It must specify who finances it, at what cost, according to what timeline, with what control mechanisms, and for which beneficiaries.

This is the area where the government is being awaited. A new city can be a powerful lever for development if it is conceived as an integrated project. It can also become a financial sinkhole if it relies more on the announcement effect than on realistic planning.

A real need for housing and urban planning

The idea of Libreville 2 does address a deep problem. Gabon has one of the highest urbanization rates in Africa. The World Bank estimates that the country is facing a significant housing deficit, with needs increasing each year. Access to titled land, affordable plots, basic infrastructure, and mortgage credit remains difficult for many households.

In this context, the Gabonese state needs a genuine urban policy. The saturation of Libreville, mobility issues, pressure on public services, under-equipped neighborhoods, and flooding risks require a structural response. On paper, Libreville 2 could therefore appear as a relevant response.

But the issue is less about the usefulness of the project than about its method. To succeed, a new city must not only be designed by architects or championed by political discourse. It must be connected to the real needs of the populations, articulated with existing cities, accessible to middle and lower classes, and supported by functional infrastructure.

The risk would be to build a showcase city, modern in its designs but inaccessible to a large portion of Gabonese people. Several African countries have already launched new city projects intended to embody modernity, but which then struggle to attract residents or meet the most urgent social needs.

Atépa, a symbolic and strategic choice

The choice of Pierre Goudiaby Atépa is not trivial. The Senegalese architect is known for his large-scale urban designs on the continent. His involvement gives the project a pan-African dimension and strengthens the discourse of a city conceived by African skills to address African challenges.

At the project launch, Brice Clotaire Oligui Nguema emphasized this idea, stating that Africa needs to be built by Africans. Libreville 2 is in line with this political logic: breaking away from urban improvisation, designing a modern city, and displaying architectural and strategic sovereignty.

But having a renowned architect is not enough to guarantee the success of a project. It must be accompanied by a clear governance framework. Who decides? Who finances? Who controls? What role for the state, local authorities, private investors, the populations of Andem, and future inhabitants? How to avoid land speculation? How to ensure that housing will not be reserved for the wealthiest categories?

These questions are central. They will determine whether Libreville 2 becomes a true tool for urban transformation or another emblematic project in the long list of grand African promises slowed down by administrative and financial realities.

An ambition to be adjusted?

The Gabonese government may not have been wrong to aim high. The saturation of Libreville calls for a long-term vision. The country needs to plan its urban development, anticipate population growth, and create new economic hubs. In this respect, Libreville 2 addresses a real necessity.

But ambition can become a handicap when it is too far ahead of preparation. The gap between the solemnity of the March 2025 launch and the current state of the project raises questions. If the design phase, legal framework, and timeline still need to be consolidated in 2026, it is because the groundbreaking was likely more of a political signal than a complete operational start.

The government must now clarify the trajectory. It needs to publish a realistic schedule, specify the financial arrangements, explain the steps of the project, involve the concerned populations, and define priorities. It might be more credible to start with a managed initial phase, featuring basic infrastructures, affordable housing, and essential public amenities, rather than maintaining the image of an immediately realizable smart megacity.

Libreville 2 remains a promising project. But its future will depend on the ability of Gabonese authorities to turn a spectacular promise into a concrete, funded, planned, and socially useful program. At this stage, the question is no longer just whether Gabon can build a new city. It is whether it can do so without repeating the mistakes of large projects announced too quickly, too loudly, and too soon.

Source: https://beninwebtv.bj/en/libreville-2-oligui-nguema-facing-the-test-of-his-campaign-promises/

Libreville 2

 Libreville 2 is a major smart and green urban development project in Gabon designed to ease severe congestion in the capital city. [1, 2]

Project Overview
  • Launch Date: March 28, 2025, when President Brice Clotaire Oligui Nguema laid the foundation stone.
  • Location: The Andem area, covering nearly 30,000 hectares.
  • Master Planner: Designed by renowned Senegalese architect and sculptor Pierre Atepa Goudiaby.
  • Lead Constructor: Primarily led by the EBOMAF Group, a prominent African public works and real estate firm. [1234]
Key Components
  • Andem International Airport: The first major milestone under construction, targeted for completion within four years to boost regional and global air transit. [123]
  • Urban Infrastructure: Planned residential neighborhoods, commercial hubs, industrial zones, administrative sectors, schools, and hospitals. [12]
  • Sustainability: Designed as a green, eco-friendly urban center incorporating modern technologies. [123]