Vers une identité architecturale des neuf provinces
1. Maison de l’Estuaire — La maison côtière urbaine tropicale.
Elle pourrait développer une identité liée au littoral, à l'humidité, à Libreville et aux traditions côtières : maison ventilée, grandes ouvertures protégées, véranda, brise-soleil, toiture généreuse et végétation. Le bois pourrait dialoguer avec une architecture plus contemporaine. L'Estuaire est aussi l'espace le plus urbanisé de cette classification : il faut donc distinguer patrimoine vernaculaire et évolution métropolitaine.
2. Maison du Haut-Ogooué — La maison des Plateaux.
Je proposerais une architecture plus minérale et terrienne : volumes simples, grandes toitures, murs aux tons ocre/terre, pierre et brique comme langage contemporain, avec cour familiale et véranda. Cette identité devra être documentée notamment autour de Franceville, Moanda, Okondja et des Plateaux. La province accueille plusieurs groupes culturels, dont notamment Téké, Mbaama et Nduumo : il serait donc incorrect de lui attribuer une seule tradition constructive sans enquête plus fine.
3. Maison du Moyen-Ogooué — La maison de l’eau.
Ici, l'architecture pourrait être pensée autour de la relation avec l'Ogooué, les lacs et les milieux très humides : grandes toitures protectrices, ventilation maximale, galeries couvertes, terrasses, constructions légèrement surélevées lorsque le terrain le justifie et forte relation avec l'eau et la végétation. Ce serait une architecture tropicale particulièrement légère et ouverte.
4. Maison de la Ngounié — La maison à cour et grande toiture.
C'est la typologie que nous avons commencé à documenter avec Ndendé : maison basse, deux ou plusieurs pans de toiture, débords importants, véranda, persiennes, grande cour familiale et relation étroite avec les arbres. Terre, brique, bois et maçonnerie peuvent constituer sa palette. Elle pourrait donner naissance à une très belle architecture néo-vernaculaire de la Ngounié. La diversité culturelle de la province — Punu, Tsogo, Nzébi, Sangu, Vungu et autres — mérite toutefois d'être étudiée localement.
5. Maison de la Nyanga — La maison du Sud atlantique.
On pourrait rechercher une architecture combinant l'identité du Sud et celle du littoral : maison basse, toiture fortement protectrice, véranda profonde, cour, matériaux aux tons naturels et espaces extérieurs généreux. Il faudrait notamment comparer Tchibanga, Mayumba et l'intérieur de la province. Les Punu, Lumbu et Vili figurent parmi les groupes associés à cette région, ce qui ouvre un terrain très riche pour rechercher des différences de plans et de matériaux.
6. Maison de l’Ogooué-Ivindo — La maison de la grande forêt.
Ici, le concept architectural pourrait être dominé par la forêt équatoriale : bois fortement valorisé, toiture importante, maison ventilée et protégée de l'humidité, vérandas et construction laissant une place majeure aux arbres. Kota et Mahongwe, entre autres, sont historiquement associés à cette région. Une architecture contemporaine de Makokou pourrait ainsi devenir une véritable « architecture forestière gabonaise ».
7. Maison de l’Ogooué-Lolo — La maison forestière des collines.
Elle pourrait associer maison basse, toiture à forte présence visuelle, bois, pierre, terre et implantation suivant davantage la topographie. La province partage certaines continuités culturelles avec les régions voisines : Nzébi, Puvi, Wanzi et d'autres groupes y sont présents. Le catalogue devrait donc étudier les maisons de Koulamoutou, Lastoursville et des villages plutôt que chercher artificiellement un modèle unique.
8. Maison de l’Ogooué-Maritime — La maison côtière de l’Ogooué.
Son architecture pourrait répondre davantage au littoral : ventilation traversante, grandes vérandas, protections solaires, matériaux résistants à l'humidité, toiture protectrice et jardins tropicaux. La présence historique de populations Myènè, notamment Orungu et Nkomi, constitue une piste importante pour documenter l'habitat ancien autour de Port-Gentil, du Fernan-Vaz et des zones côtières.
9. Maison du Woleu-Ntem — La maison forestière du Nord.
Elle pourrait être étudiée comme une architecture de grande parcelle familiale : maison principale, cour, bâtiments secondaires, toiture inclinée, espaces ombragés et utilisation contemporaine du bois. Le Woleu-Ntem constitue un terrain particulièrement intéressant pour étudier l'habitat villageois : le recensement agricole y relevait 500 villages à habitat linéaire sur 551 recensés dans cette classification, ce qui montre la force de l'organisation des villages le long des axes. (Scribd)

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