Le projet Libreville 2 répond à une véritable nécessité. Libreville étouffe sous la pression démographique, l’urbanisation désordonnée, les difficultés de mobilité, le déficit de logements et l’insuffisance des infrastructures. Penser une nouvelle centralité urbaine à Andem est donc une ambition légitime.
Le problème n’est pas que le Gabon rêve trop grand. Le problème est que l’ambition semble avoir précédé la méthode. Près d’un an après le lancement officiel, le projet paraît encore largement engagé dans la conception, les études, la sécurisation juridique et la définition de son calendrier.
Il ne faut donc pas abandonner Libreville 2, ni nécessairement réduire son périmètre final de 30 000 hectares. Il faut réduire la taille de sa première étape.
Pourquoi ne pas conserver une vision métropolitaine à l’horizon 2050, mais commencer par un premier district de 1 500 à 3 000 hectares parfaitement aménagé : routes, eau, assainissement, drainage, électricité, fibre, logements accessibles, écoles, hôpital, commerces, espaces verts, transports et emplois ?
Le Gabon devrait également créer une Autorité de développement de Libreville 2, chargée exclusivement de la planification, du foncier, des infrastructures, des investissements et du suivi du projet. Le financement, qui constitue l’un des principaux défis identifiés, devrait associer État, investisseurs privés et partenariats public-privé plutôt que reposer entièrement sur les finances publiques.
Enfin, Libreville 2 ne doit pas devenir une ville-vitrine réservée aux catégories les plus aisées. Elle doit être une ville gabonaise, productive, accessible et tropicale, pensée autour de la forêt, de l’eau, de l’architecture équatoriale et des réalités sociales du pays. Le risque d'une ville moderne mais inaccessible à une grande partie de la population est d'ailleurs clairement identifié.
Ne diminuons donc pas la vision. Organisons-la.
Le Gabon peut rêver d’une grande métropole. Mais une grande ville ne se construit pas par proclamation : elle se construit quartier après quartier, infrastructure après infrastructure, génération après génération.
J
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